Les informations seules ne suffisent pas
L'équipe ASAP était présente au congrès de printemps SGAIM-SSMIG-SSGIM à Lausanne, l'un des événements annuels les plus importants dans le domaine de la médecine interne générale en Suisse.
Au programme figurait une présentation de notre directrice scientifique, Yolanda Müller Chabloz, intitulée « Mise en œuvre des lignes directrices dans la pratique quotidienne ».
Le message clé : l’information seule ne suffit pas.
La Suisse dispose de lignes directrices fondées sur des données probantes pour les soins ambulatoires, qui sont régulièrement mises à jour et rencontrent un écho positif auprès des médecins, ceux-ci les qualifiant unanimement d’outil utile pour une utilisation rationnelle des antibiotiques. Et pourtant, le volume de prescription d’antibiotiques en ambulatoire n’a pas diminué de manière significative. Là où le volume d’antimicrobiens prescrits par les médecins généralistes a baissé, la part des cliniques sans rendez-vous et des cabinets de groupe pluridisciplinaires a augmenté.
Un signe positif : une baisse de l’utilisation des antibiotiques de réserve selon la classification AWaRe de l’OMS. De meilleures décisions sont prises. Nous espérons que ce résultat est en partie dû aux mesures de sensibilisation de la @SSI et à notre travail de diffusion au sein d’ASAP.
La question demeure : si des recommandations existent et que les médecins prescripteurs y adhèrent largement, pourquoi le volume total des prescriptions d’antibiotiques ne diminue-t-il pas ?
La réponse réside dans la mise en œuvre. L’élaboration d’une recommandation et le changement des habitudes de prescription sont deux problèmes distincts. Il existe différentes stratégies de mise en œuvre, et les résultats indiquent qu’elles fonctionnent, mais elles doivent être adaptées au contexte spécifique. Dans le domaine des soins ambulatoires, ce contexte est spécifique : des consultations limitées dans le temps, des structures de cabinets hétérogènes et une relation avec le patient qui ne peut être facilement dissociée des décisions de prescription.
Au sein d’ASAP, nous réunissons des experts en mise en œuvre, des spécialistes des soins de premier recours et des analystes de données afin de déterminer quelles stratégies de mise en œuvre fonctionnent le mieux dans le contexte ambulatoire suisse.
Nous étions également présents au congrès afin de fournir aux médecins des outils concrets. Sur notre stand, nous avons distribué des supports élaborés par l’@OFSP sur la communication avec les patients, destinés à faciliter le dialogue entre le médecin prescripteur et le patient.
Le fossé entre une bonne recommandation clinique et une modification des pratiques de prescription est bien réel.